Le Livret A, le LDDS et le LEP sont des produits d'épargne réglementée réservés aux personnes physiques et à quelques catégories de personnes morales limitativement énumérées par la loi (associations, organismes HLM, syndicats de copropriétaires notamment). Votre SASU, votre EURL ou votre SCI n'en font pas partie : ces structures ne peuvent tout simplement pas ouvrir ce type de compte.
Cette restriction explique pourquoi tant de dirigeants, faute d'alternative identifiée, laissent la trésorerie dormir sur le compte courant de la société, où elle ne produit quasiment aucun revenu, ou choisissent de la sortir en dividendes pour la placer à titre personnel sur leurs propres livrets. Le coût de cette inertie est mesurable : selon la Banque de France (« Taux de rémunération des dépôts bancaires », données de décembre 2025, publiées le 3 février 2026), les dépôts à vue des sociétés non financières françaises, soit 516 milliards d'euros d'encours à cette date, n'étaient rémunérés qu'à 0,47 % en moyenne, contre 1,14 % pour l'ensemble de leurs dépôts bancaires, dépôts à terme compris (743 milliards d'euros d'encours). Cet écart, mesuré au niveau national, donne un ordre de grandeur de ce que peut représenter le simple fait de laisser une trésorerie sur un compte courant plutôt que de l'arbitrer vers un autre support.
Entre le compte courant qui ne rapporte rien ou presque et la sortie en dividendes, il existe des supports d'épargne et de placement pensés pour les personnes morales, avec un cadre fiscal différent de celui d'un particulier.