Se payer

Combien coûte un conseiller en gestion de patrimoine ?

Un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) est rémunéré selon trois logiques possibles : des honoraires facturés directement au client, des commissions et rétrocommissions versées par les établissements financiers sur les produits souscrits, ou une combinaison des deux. Il n'existe pas de tarif réglementé unique : les honoraires vont généralement de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros selon la complexité de la mission, tandis que les rétrocommissions se situent le plus souvent entre 0 % et 1 % par an de l'encours géré, en plus d'éventuelles commissions d'entrée. Le mode de rémunération doit vous être communiqué avant toute signature, dans le cadre de l'obligation d'information prévue par la réglementation.

Honoraires ou commissions : les deux logiques de rémunération d'un conseiller

Un conseiller en gestion de patrimoine peut être rémunéré selon deux mécanismes, souvent combinés au sein d'une même relation.

  • Les honoraires sont facturés directement par le conseiller à son client, sous forme de forfait ou de taux horaire, pour une mission définie : bilan patrimonial, stratégie de structuration, accompagnement dans une cession d'entreprise. Ce montant est indépendant des produits éventuellement mis en place ensuite.
  • Les commissions et rétrocommissions sont versées au conseiller par l'établissement financier (compagnie d'assurance, société de gestion, banque) lorsqu'un produit est souscrit puis détenu. On distingue la commission d'entrée, perçue une fois lors de la souscription, de la rétrocommission de gestion, perçue chaque année tant que les capitaux restent investis.

Aucun des deux modèles n'est en soi problématique : chacun a sa cohérence économique, et chacun a son angle mort. Un conseiller rémunéré uniquement aux honoraires n'a pas d'intérêt financier direct à recommander un produit plutôt qu'un autre, mais sa mission peut s'arrêter à la remise du conseil. Un conseiller rémunéré par rétrocommissions est incité à assurer un suivi dans la durée, puisque sa rémunération dépend du maintien de la relation, ce qui suppose en retour une vigilance sur l'adéquation entre le produit et vos besoins réels.

Combien gagne un conseiller en gestion de patrimoine sur les sommes investies

Les ordres de grandeur suivants sont ceux généralement observés sur le marché français, à titre indicatif et sans valeur de promesse pour un contrat donné.

  • Pour une mission d'honoraires (bilan patrimonial, structuration société et patrimoine personnel), le montant facturé varie le plus souvent de quelques centaines d'euros pour un point de situation simple à plusieurs milliers d'euros pour une mission complexe associant SASU ou EURL, SCI et patrimoine personnel.
  • Pour les rétrocommissions, une fourchette de 0 % à 1 % par an de l'encours géré est fréquemment observée sur les contrats d'assurance-vie ou de capitalisation. À titre d'exemple générique, sur un encours de 200 000 euros, une rétrocommission annuelle de 0,8 % représente 1 600 euros par an prélevés au sein du contrat, indépendamment de la performance des supports.
  • Des commissions d'entrée ponctuelles peuvent également s'appliquer lors de la souscription de certains supports, notamment en immobilier collectif ou en private equity, avec des niveaux historiquement plus élevés que sur les contrats d'assurance-vie classiques.

Ces frais s'ajoutent à ceux prélevés par l'assureur ou le gestionnaire lui-même (frais de gestion du contrat, frais de gestion des unités de compte), qui existent quel que soit le mode de rémunération du conseiller.

CIF, courtier, mandataire : ce que change le statut du conseiller

Le statut réglementaire du conseiller détermine en partie la structure de sa rémunération et l'étendue de ce qu'il peut proposer.

  • Un conseiller en investissements financiers (CIF) est habilité à formuler des recommandations personnalisées sur les instruments financiers. La réglementation distingue le CIF indépendant, qui exclut les rétrocommissions et facture uniquement des honoraires, du CIF non indépendant, qui peut percevoir des commissions des établissements partenaires en plus, ou à la place, d'honoraires.
  • Un courtier en assurance ou mandataire travaille avec un ou plusieurs établissements partenaires et perçoit des commissions de ces derniers sur les contrats d'assurance-vie, de prévoyance ou d'emprunteur qu'il place.
  • Depuis les réformes européennes MIF2 et DDA, tout professionnel a l'obligation d'informer son client, avant la signature, de la nature et du montant de sa rémunération, qu'elle prenne la forme d'honoraires, de commissions ou des deux.

Le statut d'un conseiller se vérifie sur le registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance (ORIAS), accessible publiquement. Cette vérification prend quelques minutes et permet de connaître les habilitations exactes du professionnel avant tout échange.

Le prix n'est qu'un critère parmi d'autres pour un dirigeant

Pour un indépendant ou un dirigeant de SASU, d'EURL ou de SCI, le coût d'un conseiller ne se résume pas à un pourcentage ou à un montant d'honoraires. Deux éléments méritent au moins autant d'attention que le tarif affiché.

  • Le périmètre de la mission. Un conseil qui n'examine que le patrimoine personnel, sans regarder la structuration de la rémunération du dirigeant, la trésorerie de la société ou les statuts d'une SCI associée, laisse une partie du sujet hors champ, quel que soit son tarif.
  • Le coût total dans la durée. Des honoraires ponctuels apparemment élevés peuvent revenir moins cher sur dix ans qu'une rétrocommission annuelle modeste mais cumulée sur un encours important. À l'inverse, un conseil facturé zéro euro en apparence n'est jamais gratuit : il est financé par les commissions intégrées aux produits.

La seule façon de comparer objectivement deux propositions est de demander, par écrit, le détail complet de la rémunération envisagée sur la mission, produit par produit s'il y a lieu.

En résumé

Les questions qu'on nous pose le plus.

Un conseiller en gestion de patrimoine est-il gratuit ?

Non. Même lorsqu'aucun honoraire n'est facturé au client, le conseiller est rémunéré par les commissions et rétrocommissions versées par les établissements financiers sur les produits mis en place, donc indirectement financées par le contrat lui-même.

Qu'est-ce qu'une rétrocommission ?

Une rétrocommission est la part de frais de gestion qu'un établissement financier reverse chaque année au conseiller ou distributeur, tant que les capitaux restent investis dans le produit concerné.

Comment connaître le coût exact de mon conseiller ?

Le document d'entrée en relation et les documents d'information clé (DIC) de chaque produit mentionnent les frais applicables. Il est aussi possible de demander par écrit le détail chiffré des honoraires et commissions avant toute signature.

Les honoraires sont-ils toujours moins chers que les commissions ?

Pas nécessairement. Cela dépend de la complexité de la mission et du montant des encours concernés ; seule une comparaison chiffrée sur votre situation permet de trancher, ce qui relève d'un rendez-vous dédié plutôt que d'une règle générale.

Prochaine étape

On en parle vingt minutes ?

Réserver un échange →