Une holding est une société qui détient tout ou partie du capital d'une ou plusieurs autres sociétés, appelées filiales. Pour un président de SASU ou un gérant d'EURL, la construction la plus courante consiste à créer une société holding qui détient les titres de la société d'exploitation, celle qui facture les clients et emploie, le cas échéant, les salariés.
Le dirigeant ne détient alors plus directement le capital de la société opérationnelle. Il détient sa holding, et c'est la holding qui détient l'entreprise. Cette architecture à deux étages n'a d'intérêt que si elle sert un objectif précis : faire remonter des dividendes pour les réinvestir, préparer une acquisition, structurer une transmission ou regrouper plusieurs activités sous un même toit.
Une holding peut être passive (elle se contente de détenir des titres et d'encaisser des dividendes) ou animatrice (elle participe activement à la conduite du groupe : définition de la stratégie, prestations de services facturées aux filiales). Cette distinction a des conséquences fiscales importantes, notamment pour la transmission.
Cette architecture est loin d'être marginale en France. Selon l'Insee, fin 2018, le pays comptait 132 000 groupes de sociétés, regroupant 444 000 sociétés au total, dont 82 000 sociétés financières. Parmi ces sociétés financières, environ 76 %, soit près de 62 000 entités, relevaient du secteur des holdings (Insee, « Groupes de sociétés », in Les entreprises en France, édition 2020, données au 31 décembre 2018, publiées le 10 décembre 2020). La holding n'est donc pas un montage exotique réservé aux grands groupes cotés : c'est une brique juridique courante, dont la pertinence pour un dirigeant individuel dépend entièrement de l'usage qu'il compte en faire.