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Taxe PUMa : les seuils qui déclenchent la cotisation sur vos dividendes

C'est la ligne qui ne figure dans aucun simulateur « full dividendes » : la cotisation subsidiaire maladie, dite taxe PUMa. Elle fait peur parce qu'elle arrive par surprise, dans un avis URSSAF de fin novembre. En réalité, elle n'a rien d'aléatoire : deux seuils précis, un taux, un abattement, une décote, et des exonérations claires. Une fois le mécanisme posé, vous savez exactement où vous en êtes. Chiffres vérifiés le 5 août 2026.

9 612 € : c'est le niveau de revenus d'activité annuels (20 % du plafond de la Sécurité sociale 2026, fixé à 48 060 €) à partir duquel la cotisation PUMa tombe à zéro, quel que soit le montant de vos dividendes.

Source : URSSAF, plafond de la Sécurité sociale 2026 (arrêté du 22 décembre 2025, Journal officiel), consulté le 5 août 2026

Qui est concerné par la cotisation subsidiaire maladie ?

Vous êtes concerné si, et seulement si, deux conditions sont réunies la même année : des revenus d'activité inférieurs à 20 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, et des revenus du capital supérieurs à 50 % de ce même plafond. En 2026 : moins de 9 612 € de revenus d'activité, et plus de 24 030 € de revenus du capital (dividendes, revenus fonciers, intérêts, plus-values). Le texte de référence est l'article L. 380-2 du code de la sécurité sociale.

Le profil type, c'est le président de SASU qui se paie uniquement en dividendes : zéro salaire, donc première condition remplie ; des dividendes au-delà de 24 030 €, donc seconde condition remplie. La logique du dispositif est simple : quelqu'un qui vit de ses revenus du capital sans cotiser à l'assurance maladie par son activité participe au financement du système par cette cotisation.

Trois situations vous en sortent d'office. Vous avez perçu dans l'année une pension de retraite, une rente ou une allocation chômage : pas de cotisation. Vous êtes marié ou pacsé et votre conjoint tire de son activité plus de 9 612 € : pas de cotisation non plus, pour les deux membres du couple. Et bien sûr, si votre salaire dépasse le seuil, le sujet disparaît.

Le tableau : seuils, taux, assiette et abattement en 2026

Tous les paramètres du calcul, avec les valeurs 2026 issues du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) fixé à 48 060 €.

Paramètre Valeur 2026 Ce que ça veut dire
Condition 1 · revenus d'activitémoins de 9 612 €20 % du PASS. Salaire, rémunération de gérance, BIC, BNC. Au-dessus : aucune cotisation.
Condition 2 · revenus du capitalplus de 24 030 €50 % du PASS. Dividendes, revenus fonciers, intérêts, plus-values. En dessous : aucune cotisation.
Taux6,5 %Appliqué après abattement et décote, jamais sur la totalité des revenus du capital.
Abattement sur l'assiette24 030 €50 % du PASS. Seule la part des revenus du capital au-delà de ce montant est taxée.
Plafond de l'assiette384 480 €8 fois le PASS. Les revenus du capital au-delà ne sont pas comptés dans le calcul.
Décote sur la cotisationproportionnelleLa cotisation diminue à mesure que vos revenus d'activité montent, et s'annule à 9 612 €.
Appel de cotisationfin novembreAvis URSSAF envoyé l'année suivante, sur la base des revenus déclarés au fisc.

Sources : URSSAF, cotisation subsidiaire maladie et plafond de la Sécurité sociale 2026 (arrêté du 22 décembre 2025) ; code de la sécurité sociale, art. L. 380-2 et D. 380-1. Vérifié le 5 août 2026.

La formule complète, pour ceux qui veulent vérifier : cotisation = 6,5 % × (revenus du capital − 24 030 €) × (1 − revenus d'activité ÷ 9 612 €), avec une assiette plafonnée à 384 480 €. Attention au calendrier : l'avis reçu fin novembre 2026 porte sur vos revenus 2025, calculés avec les seuils 2025 (PASS de 47 100 €, soit 9 420 € et 23 550 €). Les seuils 2026 du tableau s'appliquent à vos revenus de cette année, appelés fin 2027.

Combien ça représente, concrètement ?

Moins qu'on ne le craint, dans la plupart des cas. Hypothèses de l'exemple : un président de SASU, célibataire, qui perçoit 40 000 € de revenus du capital en 2026, sans autre revenu que son éventuel salaire. Trois niveaux de salaire brut annuel : zéro, 7 212 € (le minimum pour valider 4 trimestres de retraite en 2026), et 9 612 € (le seuil d'extinction). Montants arrondis à la dizaine d'euros. C'est un exemple générique à visée pédagogique, pas une simulation personnalisée.

À salaire zéro : 6,5 % × (40 000 − 24 030) = environ 1 040 €. Avec 7 212 € de salaire, la décote réduit la cotisation à environ 260 €. À 9 612 € de salaire ou plus : zéro. Vous remarquez le point important : le salaire qui suffit pour la retraite ne suffit pas tout à fait pour éteindre la PUMa. Les deux seuils ne sont pas les mêmes.

Cotisation PUMa pour 40 000 € de revenus du capital, selon le salaire brut annuel (2026)

Salaire 0 € 1 040 €
Salaire 7 212 € 260 €
Salaire 9 612 € 0 €

Pourquoi les simulateurs « full dividendes » l'oublient ?

Parce qu'elle ne se voit nulle part au moment de la décision. La PUMa n'apparaît ni sur le bulletin de paie (il n'y en a pas), ni dans la liasse fiscale de la société, ni sur l'avis d'imposition. Elle arrive un an plus tard, dans un courrier URSSAF, quand la stratégie de rémunération a déjà été appliquée. Les comparatifs salaire contre dividendes s'arrêtent presque tous à la flat tax et à l'impôt sur les sociétés : la cotisation subsidiaire est hors champ.

Faut-il pour autant renoncer aux dividendes ? Non. Il faut juste compter cette ligne comme les autres. Dans l'exemple ci-dessus, elle pèse environ 1 000 € par an à salaire zéro : c'est un paramètre de l'arbitrage, pas un piège mortel. Et rappelez-vous les portes de sortie : un salaire de 9 612 € bruts, les revenus d'activité de votre conjoint, ou une allocation perçue dans l'année. La bonne stratégie de rémunération se calcule avec toutes les lignes sur la table, celle-ci comprise. C'est exactement ce qu'on pose dans un Diagnostic.

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En résumé

Les questions qu'on nous pose le plus.

Qu'est-ce qui déclenche la taxe PUMa en 2026 ?

Deux conditions cumulatives : des revenus d'activité inférieurs à 9 612 € sur l'année (20 % du plafond annuel de la Sécurité sociale 2026) et des revenus du capital supérieurs à 24 030 € (50 % de ce même plafond). Si une seule des deux conditions manque, la cotisation n'est pas due.

Quel est le taux de la taxe PUMa et sur quelle assiette ?

Le taux est de 6,5 %. Il ne s'applique pas à la totalité de vos revenus du capital, mais à la part qui dépasse l'abattement de 24 030 € en 2026, dans la limite d'une assiette de 384 480 € (8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale). Une décote réduit ensuite la cotisation à proportion de vos revenus d'activité.

Un dirigeant de SASU payé uniquement en dividendes est-il concerné ?

Oui, potentiellement. Avec zéro salaire et plus de 24 030 € de dividendes en 2026, les deux conditions sont réunies. C'est précisément la ligne que la plupart des simulateurs « full dividendes » oublient. Un salaire brut annuel de 9 612 € ou plus éteint la cotisation en totalité.

Qui est exonéré de la cotisation subsidiaire maladie ?

Les personnes qui ont perçu dans l'année une pension de retraite, une rente ou une allocation chômage n'y sont pas soumises. Même chose si vous êtes marié ou pacsé et que votre conjoint tire de son activité des revenus supérieurs au seuil de 20 % du plafond annuel de la Sécurité sociale.

Pour aller plus loin
100 000 € de CA en SASU : combien il vous reste, ligne par ligne → Salaire ou dividendes en SASU : comment trancher chaque année → ARE et création de SASU : ce que France Travail compte vraiment →
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