Vous prêtez à votre société, elle vous paie des intérêts : c'est tout le mécanisme. L'avance en compte courant, c'est de l'argent que vous laissez ou versez dans la société au-delà de votre capital : un apport de trésorerie, des rémunérations ou des dividendes non prélevés, une dépense payée de votre poche. Cette somme reste une dette de la société envers vous : remboursable, en principe, à tout moment.
La société peut rémunérer cette avance. Les intérêts versés sont alors une charge déductible de son résultat imposable, comme les intérêts d'un emprunt bancaire, à deux conditions : le capital social doit être entièrement libéré, et le taux servi ne doit pas dépasser un plafond légal (code général des impôts, art. 39, 1, 3°). Ce plafond, c'est le taux effectif moyen pratiqué par les banques pour les prêts à taux variable aux entreprises d'une durée initiale supérieure à deux ans, publié chaque trimestre au Journal officiel. Pas de négociation, pas de zone grise : un chiffre officiel, opposable, le même pour tout le monde.
De votre côté, les intérêts perçus sont des revenus de capitaux mobiliers : ils supportent le prélèvement forfaitaire unique, 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, sauf option pour le barème progressif. Vous êtes donc imposé sur ce que la société déduit. L'intérêt de l'opération se joue dans l'écart entre ces deux niveaux d'imposition, et dans la souplesse : contrairement au capital social, un compte courant se rembourse sans formalisme lourd.