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Cession ou apport : quelle différence, et pourquoi ça change tout côté impôt

La cession de titres est une vente directe à un acquéreur : la plus-value est imposée immédiatement, au titre de l'année de la vente. L'apport de titres consiste à les transférer à une société holding que vous contrôlez, en échange de titres de cette holding : sous certaines conditions, l'imposition de la plus-value est reportée plutôt qu'exigée tout de suite. La différence entre apport ou cession n'est donc pas seulement juridique, elle est fiscale, et elle est encadrée par l'article 150-0 B ter du Code général des impôts.

Apport ou cession de titres : quelle est la différence ?

La cession de titres est une vente au sens classique : vous transférez la propriété de vos parts ou actions à un acquéreur, personne physique ou morale, contre un prix payé en numéraire. La plus-value réalisée, différence entre le prix de vente et le prix ou la valeur d'acquisition des titres, est imposable au titre de l'année de la cession. Depuis le 1er janvier 2026, cette plus-value relève en principe du prélèvement forfaitaire unique (flat tax) au taux de 31,4 %, sauf option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu lorsque celui-ci s'avère plus favorable.

L'apport de titres suit une autre logique. Vous ne vendez pas vos titres contre de l'argent : vous les apportez à une société, le plus souvent une holding soumise à l'impôt sur les sociétés que vous contrôlez, en échange de titres de cette holding. Juridiquement, il s'agit d'un échange de titres contre titres, et non d'une vente contre numéraire. C'est cette différence de nature qui ouvre la porte, sous conditions, à un traitement fiscal différent : le report d'imposition.

Cession ou apport à une personne morale : qu'est-ce que le mécanisme d'apport-cession ?

Le terme apport-cession désigne une opération en deux temps, encadrée par l'article 150-0 B ter du Code général des impôts. Premier temps : vous apportez vos titres à une holding que vous contrôlez et recevez en échange des titres de cette société, une personne morale distincte de vous. Second temps : c'est la holding, et non plus vous personnellement, qui cède ensuite les titres apportés à l'acquéreur final.

La plus-value constatée au moment de l'apport n'est pas effacée : elle est reportée. L'impôt reste dû, mais son exigibilité est différée jusqu'à un événement qui met fin au report, par exemple une cession ultérieure des titres de la holding. Ce mécanisme change la question posée : sans apport, la question porte sur le montant net d'impôt disponible après la vente ; avec l'apport-cession, la holding peut, sous conditions, disposer du produit de cession pour le réinvestir, ce qui modifie le montant mobilisable pour un nouveau projet.

Quelles sont les conditions du report d'imposition ?

Le report d'imposition prévu à l'article 150-0 B ter n'est ni automatique ni inconditionnel. Il dépend notamment du délai entre l'apport et la revente des titres par la holding.

  • Si la holding conserve les titres apportés plus de trois ans avant de les céder, le report se poursuit sans obligation de réinvestissement particulière.
  • Si la holding cède les titres dans les trois ans suivant l'apport, le report n'est maintenu que si elle réinvestit au moins 60 % du produit de cession dans une activité économique, dans un délai de deux ans suivant la cession.
  • À défaut de respecter ces conditions dans les délais impartis, le report tombe et la plus-value devient imposable.

Ces règles, leurs exceptions et la nature exacte des réinvestissements éligibles sont techniques et évoluent avec la doctrine fiscale. Elles se vérifient au cas par cas avant toute opération, jamais après.

Apport ou cession : comment orienter la décision ?

Le choix entre céder directement et passer par un apport à une holding ne se résume pas à un calcul d'impôt. Il dépend d'abord de l'usage prévu du produit de la vente. Prenons l'exemple d'un consultant en SASU qui cède ses titres pour 500 000 euros : s'il a besoin de cette somme pour un usage personnel immédiat, la question posée par une cession directe est simple. S'il envisage de réinvestir tout ou partie de ce montant dans un nouveau projet économique, l'apport-cession devient un mécanisme à étudier, sous réserve que les conditions de réinvestissement restent tenables dans les délais impartis.

Ce mécanisme ne convient pas à toutes les situations. Il suppose une structuration en amont, un contrôle réel de la holding et une discipline de réinvestissement en cas de revente rapide. Il implique aussi des obligations déclaratives spécifiques et un accompagnement dans la durée : c'est un outil de structuration patrimoniale, pas un raccourci fiscal automatique.

Vérifier laquelle de ces deux voies s'applique à une situation donnée suppose d'examiner la structure sociétaire, le calendrier de cession envisagé et les projets de réinvestissement. C'est précisément l'objet d'un rendez-vous dédié, plutôt que d'une réponse générale.

En résumé

Les questions qu'on nous pose le plus.

Qu'est-ce que l'apport-cession ?

C'est un mécanisme, prévu à l'article 150-0 B ter du Code général des impôts, qui consiste à apporter ses titres à une holding que l'on contrôle avant que celle-ci les revende, plutôt que de les céder directement. Sous conditions, il permet de reporter l'imposition de la plus-value au lieu de la subir immédiatement.

Quelle est la différence entre apport et cession de titres ?

La cession est une vente contre numéraire, imposée immédiatement. L'apport est un échange de titres contre des titres d'une holding, qui peut ouvrir droit à un report d'imposition sous conditions, notamment de réinvestissement en cas de revente rapide par la holding.

Le report d'imposition en cas d'apport-cession est-il définitif ?

Non. C'est un report, pas une exonération : l'impôt reste dû, il est simplement différé jusqu'à un événement qui y met fin, par exemple une cession ultérieure des titres de la holding.

Quel est le taux d'imposition d'une cession de titres en 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2026, la plus-value de cession relève en principe de la flat tax au taux de 31,4 %, sauf option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu si celui-ci s'avère plus favorable selon la situation.

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