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Assurance-vie et succession : avant ou après 70 ans, le tableau

QUAND vous versez compte plus que COMBIEN vous versez. C'est toute la fiscalité de l'assurance-vie au décès : la loi ne regarde pas votre âge à l'ouverture du contrat ni au décès, mais votre âge au moment de chaque versement. Avant 70 ans, un régime. Après 70 ans, un autre. Voici le tableau comparatif complet, et un exemple chiffré qui casse une idée reçue au passage. Chiffres vérifiés le 5 août 2026.

152 500 € : ce que chaque bénéficiaire peut recevoir sans taxation, au titre des versements faits avant vos 70 ans. Trois enfants désignés, c'est 457 500 € transmis hors droits de succession. La loi de finances pour 2026 n'a rien changé à ces paramètres.

Source : impots.gouv.fr, imposition des sommes versées au bénéficiaire d'une assurance-vie, CGI art. 990 I

Ce qui change à 70 ans, en une phrase

À partir de votre 70e anniversaire, chaque euro versé sur une assurance-vie bascule de l'article 990 I du CGI (abattement de 152 500 € par bénéficiaire) vers l'article 757 B (abattement global de 30 500 €, taxation aux droits de succession). Les versements faits avant restent sous l'ancien régime pour toujours : les deux compartiments cohabitent dans la même succession.

C'est pour cela que la question « l'assurance-vie, c'est intéressant pour transmettre ? » n'a pas de réponse unique. La bonne question est : quels versements, faits à quel âge, pour quels bénéficiaires. Le tableau qui suit met les deux régimes côte à côte.

Le tableau : versements avant 70 ans, versements après 70 ans

Deux régimes, ligne par ligne. Dans les deux cas, l'époux et le partenaire de PACS sont totalement exonérés.

Critère Versements avant 70 ans Versements après 70 ans
Texte applicableCGI, art. 990 ICGI, art. 757 B
Ce qui est taxéLe capital transmis au bénéficiaire, gains comprisUniquement les primes versées après 70 ans
Abattement152 500 € par bénéficiaire30 500 € global, tous bénéficiaires et tous contrats confondus
Taux au-delà20 % jusqu'à 700 000 € après abattement, puis 31,25 %Droits de succession selon le lien de parenté (barème classique)
Les gains du contratCompris dans l'assiette taxableTotalement exonérés, sans plafond
Époux, partenaire de PACSExonéréExonéré

Sources : impots.gouv.fr, imposition du bénéficiaire d'une assurance-vie ; Code général des impôts, art. 990 I et 757 B. Paramètres inchangés par la loi de finances pour 2026. Vérifié le 5 août 2026.

L'exemple chiffré : les mêmes 300 000 €, versés avant ou après 70 ans

Les hypothèses, posées avant les chiffres : 300 000 € de primes versées sur un contrat, valorisé 380 000 € au décès (80 000 € de gains). Bénéficiaire unique : un enfant, dont l'abattement successoral de 100 000 € est déjà consommé par le reste de la succession, avec un taux marginal de 20 % au barème en ligne directe. Montants arrondis à la centaine d'euros. Exemple générique à visée pédagogique, pas une simulation personnalisée.

Si les 300 000 € ont été versés avant 70 ans : l'assiette est le capital transmis, 380 000 €, moins 152 500 € d'abattement, soit 227 500 € taxés à 20 %. Taxe : environ 45 500 €.

Si les 300 000 € ont été versés après 70 ans : seules les primes sont taxables, 300 000 € moins 30 500 € d'abattement, soit 269 500 € soumis aux droits de succession à 20 %. Droits : environ 53 900 €. Les 80 000 € de gains, eux, passent sans aucune taxation.

Écart entre les deux scénarios : environ 8 400 €. Réel, mais loin de la catastrophe annoncée. Et plus le contrat a le temps de se valoriser, plus la part exonérée du scénario « après 70 ans » grossit, puisque tous les gains y échappent à l'impôt.

Taxe au décès sur un contrat de 380 000 € (300 000 € de primes, exemple générique, bénéficiaire enfant)

Primes avant 70 ans 45 500 €
Primes après 70 ans 53 900 €

Que faire de vos versements, avant et après 70 ans ?

Avant 70 ans, la règle est simple : c'est la fenêtre la plus favorable pour garnir les contrats destinés à la transmission. 152 500 € par bénéficiaire, multipliables par le nombre de bénéficiaires désignés, hors succession et hors barème familial. La clause bénéficiaire mérite autant d'attention que les montants : une clause standard mal rédigée peut ruiner un contrat bien alimenté.

Après 70 ans, ne fermez pas le robinet. L'abattement de 30 500 € reste à prendre, et surtout les gains sont exonérés sans plafond : un versement à 71 ans qui double en vingt ans transmet la moitié de sa valeur finale en franchise totale. Le réflexe utile : ouvrir un contrat distinct pour les versements après 70 ans. Les deux régimes restent lisibles, le règlement de la succession est plus simple, et chaque compartiment travaille sa propre fiscalité.

Et rappelez-vous la phrase de départ : QUAND compte plus que COMBIEN. Un même patrimoine, versé aux mêmes bénéficiaires, peut produire des taxes très différentes selon le calendrier des versements. C'est une décision qui se prend contrat par contrat, âge par âge, pas en copiant une règle générale.

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En résumé

Les questions qu'on nous pose le plus.

Comment est taxée une assurance-vie au décès pour les versements avant 70 ans ?

Chaque bénéficiaire dispose d'un abattement de 152 500 € sur sa part (article 990 I du CGI). Au-delà, la part est taxée à 20 % jusqu'à 700 000 € après abattement, puis à 31,25 %. Cette taxation s'applique à tout le capital transmis, gains compris, mais hors droits de succession classiques et hors barème familial.

Comment sont taxés les versements faits après 70 ans ?

Seules les primes versées après 70 ans sont taxées, aux droits de succession selon le lien de parenté, après un abattement global de 30 500 € partagé entre tous les bénéficiaires et tous les contrats (article 757 B du CGI). Les gains générés par ces primes sont, eux, totalement exonérés, quel que soit leur montant.

L'époux ou le partenaire de PACS paie-t-il quelque chose sur une assurance-vie ?

Non. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont exonérés dans les deux régimes, avant comme après 70 ans, depuis la loi TEPA de 2007. Les deux régimes de taxation concernent les autres bénéficiaires : enfants, petits-enfants, frères et soeurs, tiers.

Faut-il arrêter de verser sur son assurance-vie après 70 ans ?

Non, c'est une idée reçue. Après 70 ans, l'abattement de 30 500 € reste disponible et surtout les gains sont exonérés : sur un contrat ouvert à 70 ans et valorisé longtemps, la part exonérée peut devenir considérable. Le bon réflexe est d'ouvrir un contrat distinct pour les versements après 70 ans, afin de séparer les deux régimes fiscaux.

Pour aller plus loin
SCPI en assurance-vie : l'angle transmission → Que devient le patrimoine de votre famille si vous disparaissez → Droits de succession 2026 : abattements et barème complet en tableau →
Le Diagnostic patrimonial →
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