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SASU, EURL ou micro-entreprise : combien il vous reste à CA égal

Même métier, même chiffre d'affaires, trois statuts : le net dans votre poche peut varier de plus de 8 000 € par an. Voici la cascade complète pour 60 000 € de CA en 2026, dans une SASU, une EURL et une micro-entreprise, avec les deux options d'impôt de la micro. Puis la vraie leçon du tableau : le statut ne se choisit pas sur le net d'une seule année. Chiffres vérifiés le 5 août 2026.

83 600 € : le nouveau plafond de chiffre d'affaires de la micro-entreprise pour les prestations de services et activités libérales, applicable de 2026 à 2028 (contre 77 700 € auparavant). Le comparatif ci-dessous n'a de sens que tant que vous restez dessous.

Source : loi de finances pour 2026, revalorisation triennale des seuils micro (environ + 7,6 %), vérifiée le 5 août 2026

Les hypothèses, posées noir sur blanc

Un comparatif de statuts n'est honnête que si tout le monde joue avec les mêmes cartes. Les voici :

  • Activité de prestation intellectuelle (BNC), 60 000 € de chiffre d'affaires hors taxes encaissé en 2026, dirigeant célibataire (1 part fiscale), sans autre revenu.
  • Frais réels de fonctionnement : 8 000 € dans tous les cas (matériel, logiciels, assurances, déplacements). En SASU et en EURL, ils sont déductibles. En micro, ils ne le sont pas : l'abattement forfaitaire de 34 % (BNC) en tient lieu fiscalement, mais les 8 000 € sortent quand même de votre poche.
  • Toute l'enveloppe disponible est versée au dirigeant. SASU : tout en salaire (le scénario le plus chargé, on y revient). EURL à l'IS : tout en rémunération de gérant majoritaire TNS. Micro : le CA après cotisations et impôt.
  • Taux 2026 : cotisations assimilé salarié (coût employeur environ 1,45 fois le brut, net environ 78 % du brut) ; cotisations TNS environ 45 % de la rémunération nette ; micro-BNC 26,1 % du CA plus 0,2 % de formation professionnelle ; barème IR 2026 ; versement libératoire BNC 2,2 % du CA.

Montants arrondis à la centaine d'euros. C'est un exemple générique à visée pédagogique, pas une simulation personnalisée.

Le tableau : 60 000 € de CA, quatre scénarios

La micro apparaît deux fois : avec le versement libératoire (impôt payé au fil de l'eau, 2,2 % du CA pour les BNC, sous condition de revenu fiscal de référence) et au barème progressif (impôt calculé sur le CA après abattement de 34 %).

Étape de la cascade SASU · tout salaire EURL · rémunération TNS Micro · barème Micro · vers. libératoire
Chiffre d'affaires encaissé60 000 €60 000 €60 000 €60 000 €
Frais réels payés8 000 € (déductibles)8 000 € (déductibles)8 000 € (non déductibles)8 000 € (non déductibles)
Cotisations sociales24 000 €16 100 €15 800 €15 800 €
Revenu avant impôt28 000 € (salaire net)35 900 €36 200 €36 200 €
Impôt sur le revenu (ou versement libératoire)1 500 €2 900 €5 000 €1 300 €
Net dans votre poche26 500 €33 000 €31 200 €34 900 €
En % du chiffre d'affaires44 %55 %52 %58 %

Montants arrondis à la centaine. Sources : URSSAF, taux 2026 du régime général, des travailleurs indépendants et du micro-social BNC (26,1 % au 1er janvier 2026) ; loi de finances 2026, barème IR (promulguée le 19 février 2026) et seuils micro 2026-2028 (83 600 € pour les services et activités libérales) ; versement libératoire BNC : 2,2 % du CA. Vérifié le 5 août 2026.

Net dans la poche pour 60 000 € de CA (hypothèses 2026)

Micro · vers. lib. 34 900 €
EURL · TNS 33 000 €
Micro · barème 31 200 €
SASU · tout salaire 26 500 €

Ce que le tableau montre, et ce qu'il cache

Ce qu'il montre : à 60 000 € de CA avec peu de frais, la micro au versement libératoire gagne la photo de l'année, avec environ 58 % du CA dans la poche. L'EURL suit de près. La SASU tout salaire ferme la marche, mais c'est un choix de scénario : c'est aussi le statut qui construit la meilleure protection sociale des quatre colonnes, et un mix salaire-dividendes resserre nettement l'écart.

Ce qu'il cache, et qui décide en réalité du bon statut. Un : la pente de vos frais. Ici, 8 000 € de frais représentent 13 % du CA, bien moins que l'abattement de 34 % ; la micro est avantagée par construction. Passez à 20 000 € de frais et la logique s'inverse. Deux : la trajectoire du CA. À 83 600 €, la micro s'arrête net ; une société, non. Trois : la protection sociale. Les cotisations micro, assises sur le CA, financent des droits retraite et prévoyance plus minces qu'un vrai salaire ou une rémunération TNS pleine. Quatre : la capacité à laisser de l'argent dans la société, pour investir ou lisser vos revenus, ce que seules la SASU et l'EURL permettent.

Comment choisir, alors ?

Pas sur le net d'une seule année. Le bon statut se choisit sur trois horizons : votre revenu cible des douze prochains mois, la trajectoire de votre activité sur trois à cinq ans (CA, frais, embauches, revente éventuelle), et la protection dont votre famille a besoin dès maintenant. La micro est un excellent statut de démarrage et de test ; elle devient un frein quand le CA approche du plafond ou que les frais réels gonflent. La société coûte plus cher en gestion, mais elle ouvre le jeu : arbitrage salaire-dividendes, trésorerie qui travaille, holding le jour venu.

Et si vous êtes déjà installé dans un statut, la question n'est pas « ai-je bien choisi à l'époque ? » mais « est-ce encore le bon réglage pour l'année qui vient ? ». Ça se vérifie avec vos chiffres réels, pas avec un tableau générique, aussi honnête soit-il.

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En résumé

Les questions qu'on nous pose le plus.

Avec 60 000 € de CA, quel statut laisse le plus de net en 2026 ?

Dans nos hypothèses simplifiées (activité BNC, 8 000 € de frais réels, célibataire, toute l'enveloppe versée au dirigeant), la micro-entreprise avec versement libératoire arrive en tête avec environ 34 900 € nets, devant l'EURL (environ 33 000 €), la micro au barème (environ 31 200 €) et la SASU tout salaire (environ 26 500 €). Mais ce classement vaut pour une seule année et une seule photo : il s'inverse dès que les frais montent, que le CA dépasse les plafonds ou que la protection sociale entre dans l'équation.

Quels sont les plafonds de la micro-entreprise en 2026 ?

83 600 € de chiffre d'affaires annuel pour les prestations de services et les activités libérales (BIC et BNC), et 203 100 € pour les activités de vente de marchandises. Ces seuils, revalorisés d'environ 7,6 % par la loi de finances pour 2026, s'appliquent pour les années 2026, 2027 et 2028.

Pourquoi la SASU paraît-elle si mal classée dans ce comparatif ?

Parce que le scénario retenu, tout verser en salaire, est le plus chargé socialement : environ 180 € de coût pour 100 € nets. C'est aussi celui qui construit la meilleure protection sociale des quatre. Un mix salaire et dividendes resserre nettement l'écart, et la SASU reprend l'avantage quand on veut laisser de la trésorerie dans la société ou préparer une holding.

Le versement libératoire est-il ouvert à tous les micro-entrepreneurs ?

Non. Il est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année ne dépasse pas un plafond par part de quotient familial. Au-dessus, l'impôt se calcule au barème progressif sur le chiffre d'affaires après abattement forfaitaire (34 % pour les BNC). Le versement libératoire de 2,2 % du CA pour les BNC est un choix à valider chaque année, pas un réglage par défaut.

Pour aller plus loin
100 000 € de CA en SASU : combien il vous reste, ligne par ligne → SASU ou EURL : ce qui change pour votre patrimoine personnel → Charges sociales du dirigeant en 2026 : assimilé salarié ou TNS →
Le Diagnostic patrimonial →
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