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Charges sociales du dirigeant en 2026 : assimilé salarié ou TNS, le tableau

« Le TNS paie moins de charges. » C'est vrai, et c'est incomplet. Voici le tableau 2026 des cotisations du président de SASU assimilé salarié face au gérant majoritaire TNS : maladie, retraite de base et complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales, CSG-CRDS. Puis la seule ligne qui compte vraiment : combien coûte chaque billet de 100 € qui arrive net dans votre poche, et ce que l'écart achète. Chiffres vérifiés le 5 août 2026.

Pour 100 € nets dans votre poche, la société débourse environ 180 € en assimilé salarié, contre environ 145 € en TNS. L'écart d'environ 35 € n'est pas un impôt perdu : c'est de la protection sociale, en plus ou en moins.

Source : ordres de grandeur calculés à partir des taux URSSAF 2026 (régime général et travailleurs indépendants), vérifiés le 5 août 2026

Assimilé salarié, TNS : qui est quoi ?

Le président de SASU (ou de SAS) est assimilé salarié : il relève du régime général de la Sécurité sociale, avec une fiche de paie et des cotisations proches de celles d'un cadre, mais sans assurance chômage. Le gérant majoritaire de SARL ou d'EURL, l'entrepreneur individuel et la plupart des professions libérales sont travailleurs non salariés (TNS) : ils relèvent de la Sécurité sociale des indépendants, gérée par l'URSSAF.

Nouveauté qui change les calculs : depuis 2026, les cotisations des TNS sont calculées sur une assiette unique, le revenu professionnel diminué d'un abattement forfaitaire de 26 %. Le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), qui sert de référence à la plupart des tranches, est fixé à 48 060 € pour 2026 (arrêté du 22 décembre 2025).

Le tableau : les cotisations 2026, ligne par ligne

Les taux ci-dessous sont les taux 2026, présentés en version simplifiée pour un revenu situé autour d'un PASS (48 060 €). Les cotisations salariales et patronales de l'assimilé salarié sont regroupées par risque. Certains taux varient selon le niveau de revenu : c'est un exemple générique à visée pédagogique, pas une simulation personnalisée.

Cotisation Président SASU · assimilé salarié Gérant majoritaire · TNS
Maladie-maternité13 % du brut (part patronale, taux unique 2026)0 % à 8,5 % selon le revenu (environ 6,5 % autour d'un PASS)
Retraite de base15,45 % sous le plafond (8,55 % + 6,90 %), + 2,42 % sur la totalité17,87 % sous le plafond, 0,72 % au-delà
Retraite complémentaireAgirc-Arrco : environ 10 % sous le plafond (7,87 % + CEG 2,15 %), taux renforcés au-delà8,1 % jusqu'à 1 PASS, 9,1 % de 1 à 4 PASS
Invalidité-décèsIntégrée au régime général (pension d'invalidité, capital décès), pas de ligne distincte1,3 % (dans la limite du PASS), prestations forfaitaires
Allocations familiales5,25 % (part patronale, taux plein)0 % jusqu'à 110 % du PASS, puis progressif jusqu'à 3,1 %
CSG-CRDS9,7 % sur 98,25 % du brut9,7 % sur une assiette élargie (revenu + cotisations)
Coût total pour 100 € nets≈ 180 €≈ 145 €

Taux arrondis, hors accidents du travail, FNAL, contribution autonomie et formation professionnelle. Sources : URSSAF, taux de cotisations 2026 du régime général et des artisans, commerçants et professions libérales non réglementées ; Légifrance, arrêté du 22 décembre 2025 fixant le PASS 2026 à 48 060 € ; Service-Public.fr, réforme de l'assiette sociale des indépendants (abattement de 26 %). Vérifié le 5 août 2026.

Ce que la société débourse pour 100 € nets dans votre poche (ordres de grandeur 2026)

Assimilé salarié ≈ 180 €
TNS ≈ 145 €

Que vous achète l'écart de 35 € ?

De la protection, sur trois fronts précis. Premier front : l'arrêt de travail. L'assimilé salarié touche des indemnités journalières calculées comme celles d'un salarié ; le TNS touche des indemnités plafonnées plus basses, calculées sur son revenu moyen, avec des délais de carence qui piquent. Deuxième front : la retraite. À revenu égal, l'assimilé salarié alimente davantage sa complémentaire Agirc-Arrco que le TNS sa complémentaire des indépendants ; sur vingt ans, la différence de pension se compte en centaines d'euros par mois. Troisième front : l'invalidité et le décès. Le régime général verse des pensions proportionnelles au salaire ; le régime TNS verse des prestations largement forfaitaires, souvent très en dessous du besoin réel d'une famille.

Dit autrement : le TNS n'économise pas 35 €, il s'auto-assure sur ces trois risques. Ce n'est pas un problème si c'est un choix conscient, complété par une prévoyance individuelle solide et une épargne retraite dédiée. C'en est un si personne ne vous l'a jamais posé comme ça.

Comment trancher pour votre situation ?

La bonne comparaison se fait à protection équivalente, pas à cotisations brutes. Chiffrez d'abord ce qu'il vous faut si vous vous arrêtez trois mois, si vous devenez invalide, si vous disparaissez. Regardez ensuite ce que chaque régime verse dans ces trois scénarios. Le TNS qui rachète la différence en prévoyance et en retraite supplémentaire réduit sérieusement son avantage de coût ; il garde en revanche la main sur les garanties qu'il choisit.

Ajoutez à cela votre stratégie de rémunération, salaire ou dividendes, vos projets d'emprunt et l'âge auquel vous voulez lever le pied, et vous avez un vrai arbitrage de dirigeant. C'est un calcul qui se refait à chaque changement de situation, pas une case cochée à la création de la société.

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En résumé

Les questions qu'on nous pose le plus.

Quel est l'écart de charges entre assimilé salarié et TNS en 2026 ?

Pour 100 € nets dans la poche du dirigeant, comptez environ 180 € sortis de la société pour un président de SASU assimilé salarié, contre environ 145 € pour un gérant majoritaire TNS, en ordres de grandeur 2026. L'écart, autour de 35 €, n'est pas de l'argent perdu : il finance une retraite mieux alimentée, de vraies indemnités journalières et une couverture invalidité-décès plus solide.

Le président de SASU cotise-t-il à l'assurance chômage ?

Non. Le président de SASU est assimilé salarié : il relève du régime général pour la maladie, la retraite et la prévoyance, mais son mandat social n'ouvre aucun droit au chômage. Il paie des cotisations proches de celles d'un cadre, sans la contribution chômage et sans l'indemnisation qui va avec.

Que perd concrètement un TNS par rapport à un assimilé salarié ?

Trois choses principalement : des indemnités journalières plafonnées plus basses en cas d'arrêt de travail, une retraite complémentaire moins alimentée à revenu égal, et une couverture invalidité-décès forfaitaire, souvent insuffisante pour protéger une famille. C'est pour cela qu'un TNS bien conseillé complète presque toujours son régime obligatoire par une prévoyance individuelle et une solution retraite dédiée.

Le statut TNS est-il toujours moins cher au final ?

Sur la seule feuille de cotisations, oui : environ 145 € de coût pour 100 € nets contre environ 180 € en assimilé salarié. Mais si le TNS rachète à titre privé la protection qui lui manque, prévoyance, retraite supplémentaire, l'écart se resserre nettement. La vraie comparaison se fait à protection équivalente, pas à cotisations brutes.

Pour aller plus loin
SASU ou EURL : ce qui change pour votre patrimoine personnel → Prévoyance du dirigeant : ce qui manque à votre couverture → Salaire ou dividendes en SASU : comment trancher chaque année →
Le Diagnostic patrimonial →
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