Le rendement affiché par une SCPI, appelé taux de distribution, dépend de deux éléments : les loyers effectivement collectés et redistribués aux associés, et la valeur de la part sur laquelle ce taux est calculé. Depuis 2023, plusieurs sociétés de gestion ont révisé à la baisse le prix de part de leurs SCPI, notamment celles investies en bureaux. Cette révision traduit une perte de valeur du patrimoine immobilier sous-jacent, constatée chaque année par des experts immobiliers externes à la société de gestion, chargés de réévaluer la valeur de reconstitution des immeubles détenus.
L'ampleur du phénomène est mesurable. Selon l'ASPIM (Association française des Sociétés de Placement Immobilier et Fonds Immobiliers), dans son bilan publié le 13 mai 2025 sur les données de performance 2024, la valeur moyenne des parts de SCPI a reculé de -5,8 % sur l'année, ce recul atteignant -9,5 % sur la valeur d'expertise des seules SCPI à prépondérance bureaux. Cette baisse des valeurs a fait basculer le rendement global du marché immobilier non coté à -1,1 % en 2024, alors même que le taux de distribution moyen versé aux associés restait élevé, à 4,72 %. Ces chiffres illustrent un point souvent mal compris : un taux de distribution stable ou élevé ne garantit pas, à lui seul, un rendement global positif sur l'année. Il s'agit là d'une observation sur l'exercice 2024, qui ne préjuge en rien des résultats des exercices suivants.
Trois facteurs ont convergé sur la période récente :
- La hausse des taux d'intérêt entre 2022 et 2023, qui a renchéri le coût de la dette immobilière et rendu les placements obligataires à nouveau attractifs en comparaison.
- La baisse des valeurs d'expertise de certains actifs, en particulier les bureaux anciens, mal situés ou ne répondant plus aux normes énergétiques.
- Le recul de la demande locative de bureaux, lié à la généralisation partielle du télétravail, qui a fait progresser le taux de vacance dans certaines zones.