Un contrat sans frais d'entrée n'est pas un contrat sans frais. Avant de comparer deux offres sur ce seul critère, plusieurs autres lignes de frais méritent d'être vérifiées :
- Les frais de gestion annuels, prélevés chaque année sur l'encours total, aussi bien sur le fonds en euros que sur les unités de compte.
- Les frais propres aux unités de compte (OPCVM, SCPI logées en unité de compte, ETF), qui s'ajoutent aux frais de gestion du contrat lui-même.
- Les frais d'arbitrage, appliqués lors d'un transfert entre supports, gratuits sur une partie des contrats mais pas systématiquement.
- Les frais de gestion pilotée ou sous mandat, qui s'ajoutent lorsque la gestion du contrat est déléguée plutôt que pilotée directement.
Ce mécanisme de frais non visibles à l'entrée du contrat peut prendre une ampleur significative sur certains supports. Selon une étude conjointe de l'ACPR et de l'AMF (Pôle commun), publiée fin juin 2026 et portant sur un échantillon de titres structurés commercialisés en unités de compte d'assurance-vie entre 2023 et le premier semestre 2025, le coût d'entrée total moyen de ces supports atteint 5,83 %, dont 3,15 % reviennent aux seuls distributeurs finaux. Ce coût n'apparaît pas dans les « frais d'entrée » affichés du contrat d'assurance-vie lui-même : il est intégré à la structuration du support, et s'ajoute à des frais de sortie moyens de 0,71 % relevés sur ce même échantillon. Un contrat peut donc afficher 0 % de frais d'entrée tout en logeant, parmi ses unités de compte, des supports dont le coût réel est nettement supérieur.
Un distributeur qui n'applique pas de frais d'entrée est en général rémunéré autrement, le plus souvent par une quote-part des frais de gestion annuels prélevés par l'assureur, appelée rétrocession sur encours. Ce n'est ni caché ni irrégulier : c'est un mécanisme courant du secteur, qu'il est légitime de demander à faire préciser avant de signer.