Le plan d'épargne retraite individuel, issu de la loi PACTE de 2019, a une vocation fixée par la loi : constituer un capital ou une rente disponible au moment du départ à la retraite. Les sommes versées sont en principe bloquées jusqu'à cette échéance. Le code monétaire et financier prévoit toutefois des cas de déblocage anticipé, dont l'achat de la résidence principale ou plusieurs accidents de la vie (invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin des droits au chômage, cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire).
L'assurance-vie n'a pas d'affectation légale prédéfinie. Un rachat, partiel ou total, peut être effectué à tout moment, sans justificatif à produire. Cette disponibilité en fait une enveloppe adaptée à des objectifs multiples : épargne de précaution, financement d'un projet à moyen terme, ou préparation d'une transmission via la clause bénéficiaire.
Ces deux enveloppes pèsent aujourd'hui des poids très différents dans l'épargne des Français, ce qui reflète leur vocation distincte. Selon le ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique (communiqué de presse du 17 mai 2026, données consolidées au 31 décembre 2025), le PER comptait à cette date plus de 12,9 millions de titulaires pour un encours total de 150,4 milliards d'euros, contre 141 milliards d'euros trois mois plus tôt, au 3e trimestre 2025. Sur la même période, l'encours de l'assurance-vie atteignait 2 107 milliards d'euros selon France Assureurs. Cet écart d'échelle tient notamment à l'ancienneté très différente des deux enveloppes : l'assurance-vie se développe depuis plusieurs décennies, quand le PER individuel, sous sa forme actuelle, n'existe que depuis la loi PACTE de 2019.
- PER : épargne fléchée vers la retraite, blocage de principe, sortie en rente et/ou en capital.
- Assurance-vie : épargne disponible, sortie libre par rachats partiels, transmission organisée par la clause bénéficiaire.