Depuis la loi Lemoine, un emprunteur peut résilier son assurance de prêt à tout moment, dès la signature de l'offre, sans attendre une date anniversaire et sans avoir à justifier d'un motif particulier. La démarche ne peut entraîner aucun frais ni pénalité, et la banque n'est pas autorisée à modifier le taux du crédit en réaction à ce changement.
- L'emprunteur choisit un nouveau contrat présentant des garanties équivalentes à celles exigées par la banque, sur la base de la grille du Comité consultatif du secteur financier (CCSF).
- La banque dispose de dix jours ouvrés pour répondre à la demande de substitution.
- En cas de refus, elle doit motiver sa décision par écrit ; un refus non justifié expose l'établissement à des sanctions.
- Les assureurs doivent désormais rappeler chaque année, dans l'avis d'échéance, ce droit à résiliation.
Ce mécanisme s'applique aussi bien à un changement vers un contrat en délégation d'assurance qu'à un retour vers l'assurance groupe de la banque.
Ce droit a rapidement trouvé son public. Selon le rapport du CCSF (Comité consultatif du secteur financier, adossé à la Banque de France), publié le 15 janvier 2024 sur le bilan de la loi Lemoine, les demandes de substitution d'assurance emprunteur ont augmenté de plus de 80 % entre 2021 et le premier semestre 2023. Sur la même période, la part de marché de la délégation d'assurance, c'est-à-dire des contrats alternatifs aux offres bancaires, est passée de 15,3 % des emprunteurs immobiliers en stock fin 2021 à 16,1 % en mai 2023 (données arrêtées au 31 mai 2023). La loi a donc élargi l'usage de ce droit, sans pour autant bouleverser la structure du marché : la majorité des emprunteurs reste assurée auprès de sa banque.