La capacité d'emprunt d'un dirigeant de SASU ou d'un gérant d'EURL ne se calcule pas sur le chiffre d'affaires de la société, mais sur la rémunération réellement versée et déclarée sur les deux ou trois derniers exercices. Une activité récente ou des revenus irréguliers réduisent mécaniquement le montant financé, quel que soit le projet visé.
Pour un achat locatif, une partie seulement des loyers futurs peut être intégrée au calcul du taux d'endettement, jamais leur totalité : la part retenue varie d'un établissement prêteur à l'autre, selon sa propre politique de risque. Cet effet de levier ne compense toutefois pas un dossier de rémunération jugé instable : les établissements prêteurs regardent en priorité la régularité des flux, pas le potentiel locatif du bien.
Dans les deux cas, le taux d'effort reste plafonné à 35 % des revenus, charges comprises. Ce plafond correspond à la norme fixée par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), rendue juridiquement contraignante pour les établissements bancaires depuis le 1er janvier 2022 (en l'état du droit en vigueur à la date de rédaction de cet article, juillet 2026). Les banques conservent néanmoins une marge de dérogation limitée à une fraction de leur production trimestrielle de crédits, qu'elles peuvent mobiliser au cas par cas. Cette contrainte s'applique de la même façon à un projet de résidence principale et à un projet locatif, ce qui pousse souvent à prioriser l'un avant l'autre plutôt qu'à les mener de front dès la première année d'activité.